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Innover par une transition énergétique éco-efficiente !

Date de publication : 19 novembre 2019

Une chronique du maire de Matane, Jérôme Landry

Matane, le 19 novembre 2019 - Lors de la récente tournée de consultation des régions réalisée pour l'élaboration du Plan d'électrification et de changements climatiques, j’ai exprimé ma vision à la Ministre déléguée, Madame Marie-Ève Proulx, ainsi qu’au Ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Monsieur Jonathan Julien. Je souhaite partager ma vision avec vous. 

Considérant que Matane a signé la Déclaration d’urgence climatique et que les citoyens ont clairement exprimé leurs préoccupations et leurs attentes lors de la marche pour le climat le 27 septembre dernier, il est évident que le monde municipal est le palier gouvernemental qui a la plus grande capacité d’action et de mobilisation pour relever de nombreux défis environnementaux, notamment la baisse des émissions de gaz à effet de serre et l’adaptation aux changements climatiques. 

Considérant que Matane est au cœur du développement éolien et que nous disposons d’une expertise reconnue dans le domaine, il est clair que nous pouvons nous démarquer et contribuer aux défis dans le domaine de l’énergie. Gérer de manière plus efficiente l’énergie produite par nos éoliennes serait d’ailleurs une étape importante pour la valorisation de notre production. 

Atteindre un niveau supérieur 

L’alliance de l’Est, qui regroupe 154 municipalités du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie, est porteuse du plus important projet de développement durable au Québec, soit les parcs éoliens Nicolas-Riou et Ronceveau. Considérant les orientations du gouvernement du Québec et les récentes avancées en matière de stockage d’énergie, nous devons passer à un autre niveau en valorisant la production de nos éoliennes en période de faible demande de consommation. 

Je considère que Matane, comme d’autres villes à proximité d’un parc éolien, a maintenant la capacité de mettre en place des projets de stockage en puisant dans l’énergie produite en période de faible consommation d’électricité.   

Par une gestion intelligente et plus agile de cette énergie emmagasinée, ces mini-réseaux pourraient distribuer l’énergie en période de forte consommation aux entreprises énergivores. Cette avenue permettrait à Hydro-Québec de réduire l’achat, à grands frais, d’énergie à l’extérieur du Québec en période hivernale. De plus, nous pourrions "décarboniser" nos usines et bâtiments publics, qui sont encore trop dépendants des énergies fossiles. Cette transition énergétique ouvrirait aussi la porte à la production d’hydrogène. En partenariat avec Hydro-Québec, nous pourrions réduire de façon significative la production de CO2 et rendre nos entreprises plus vertes. 

Tirer profit de l’expertise québécoise 

Le développement de ces mini-réseaux remettrait en question les intentions de planifier de nouveaux projets de barrages avec une technologie datant des années 1960. Alors que les coûts de production de l’éolien ont diminué de moitié en 10 ans, ceux de l’hydroélectricité ont fortement augmenté. Au lieu d’investir des milliards dans des barrages, pourquoi ne pas investir dans notre matière grise pour que le Québec se classe au rang des leaders mondiaux en efficacité énergétique et devienne réellement, comme l’a mentionné notre premier ministre, la « batterie verte de l’Amérique du Nord ».